Sessions Interreligieuses Monastiques

15ème Session interreligieuse

Du lundi 9 juillet (10h) au mercredi 11 juillet (12h) 2018

L’espérance dans la Bible et les Evangiles.

 

Je suis le bon berger

« La foi des Hébreux, dans laquelle baigna le Christ, est fondée tout d’abord sur l’idée révolutionnaire qu’il existe un Créateur qui crée par Amour Son monde. Ainsi l’univers n’est pas le produit du hasard et de la nécessité, il n’est pas plus la réalisation d’un démiurge malfaisant. Tous les récits bibliques, même les plus dramatiques (jamais tragiques) portent au final la signature du divin Père : l’Espérance. Jésus n ‘enseignera pas autre chose que cette espérance pour l’homme qui signifie triomphe de la vie sur la mort. A travers l’étude de textes de Bible hébraïque et des Evangiles, nous cheminerons vers cette lumière d’espérance.

Séminaire d’étude animé par Philippe Haddad

14 ème  SESSION INTERRELIGIEUSE 2017

Le pardon dans la tradition d’Israël et les enseignements de Jésus

  • Du mercredi 5 juillet au vendredi  7 juillet midi

avec 

  • soirée poèmes et récits spirituels le mercredi soir

  • soirée danses jeudi soir

 

SESSION INTERRELIGIEUSE 2016

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« Ce que j’ai cru comprendre du Christianisme et du message de Jésus, en lequel je suis très sensible, c’est cette idée de l’amour, coute que coute’, même si le monde n’avance pas…

‘Père, pardonne-leur, ils ne savent pas ce qu’ils font…’, c’est le message que j’ai entendu de Jésus. »

 

C’est avec cette parole du Rabbin Haddad que nous aimerions vous communiquer notre reconnaissance envers lui de nous aider sur ce chemin vers la fraternité que veulent être nos rencontres interreligieuses pour notre monde.

 

Un résumé de toute la session risquerait de ne pas rendre son enseignement avec toutes les nuances voulues, mais nous aimerions vous transmettre quelques pensées de l’enseignement du dernier matinqui nous ont beaucoup touchées et marquées.

 

Mon serviteur (nous pouvons y voir à la fois Israël et une personne individuelle) est appelé dans Is 53,11un « juste » qui justifiera les multitudes et se chargera de leurs fautes. L’idée que le juste peut mourir pour la justification des autres n’est pas étranger au judaïsme. Le juste qui souffre intègre l’amour gratuit, il ne répond pas au mal par le mal ; il vit une résistance spirituelle. Tandis que la haine gratuite engendre la désespérance, son amour gratuit donne un sens à l’existence.

 

Le juste est celui qui imite Dieu, Dieu, qui cherche Adam quand il a péché, qui visite Abraham, qui enterre Moïse. L’acte de la charité est fondé par Dieu lui-même et l’homme doit imiter Dieu.C’est le message de Jésus en Mt 25. Quand nous ne prenons pas soins du petit, quand son problème matériel n’est pas mon problème spirituel, je supprime en moi-même cette présence de Dieu et quand la lettre ‘iota’, lettre du nom de Dieu, est supprimée dans isch (homme) et ischa (femme), il ne reste que le mot èsch feu, l’enfer, l’image du ‘châtiment éternel’ (Mt 25, 46) que l’homme a choisi en refusant d’imiter Dieu.

 

Nous sommes appelés à être des hommes de foi qui croient dans le progrès (et il y aura progrès quand nous imitons Dieu), des hommes de foi qui n’exigent pas une jouissance immédiate, qui n’ont pas comme perspective le changement, l’innovation constante quand la difficulté surgit, avec comme seule critère la performance. Le juste croit dans le progrès. Il est celui qui est dans l’effort (matériel ou spirituel), dans le travail pour la paix. Ainsi il investit de l’espérance, de la lumière dans le monde. Et par ce renouvellement de l’espérance, qui est joie et amour, la communauté des justes (que nous sommes appelés à être) contribue à un monde nouveau, peut toujours à nouveau chanter un ‘chant nouveau’.

 

Le texte d’Is 53,10.11 dit : « Mon serviteur, le juste, « maltraité, il s’humilie, il n’ouvre pas la bouche…broyé par les souffrances il a plu au Seigneur…Mon serviteur justifiera les multitudes ».

Les souffrances que les innocents payent de la folie de l’homme sont une sorte d’expiation. Dieu ne veut pas la souffrance, mais accepte cette souffrance. Dieu désire que l’homme sort de ce rapport de force : « Tu conduis l’homme vers la brisure, puis Tu dis : ‘reviens fils d’Adam’ »,  pour que l’amour gratuit qui construit la fraternité puisse triompher.

Dans la souffrance ou bien l’homme abandonne Dieu, il devient athée  ou bien l’homme de foi reconnaît jusque dans la souffrance la présence de Dieu et reste fidèle à Dieu. Le prophète dit : « Si Dieu veut que je sois dans la souffrance, je l’accepte (l’obéissance de Jésus dans le jardin des oliviers) ; la foi c’est de croire que la souffrance et la mort ne sont pas vaines. Déjà nous voyons que le mal n’a pas le dernier mot, l’histoire continue…il y a des refus de la justice, des intérêts économiques qui dominent (des nouveaux veaux d’or), mais il y a aussi la volonté du bien qui triomphe du mal.Jésus dit : « Père, pardonne-leur, ils ne savent pas ce qu’ils font… ». Le Judaïsme souligne l’importance de la prise de conscience du mal, sinon le mal continue son chemin et l’histoire risque de se répéter et de retarder le temps heureux de la bénédiction et de la fraternité. Levinas écrit : « « espérer c’est croire dans la réparation de l’irréparable. » C’est donc s’investir dans le présent. « Juifs et Chrétiens en particulier nous avons foi dans la Résurrection des morts car nous voyons que la vie triomphe de la mort. »

 

COLLOQUE – DIM 2015

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   Halelou-Yah ! Louez le Seigneur !

Cette année 2015, le Rabbin Haddad nous a fait découvrir le Hallel, nom donné aux Psaumes 113 à 118 que nos frères aînés dans la foi ont coutume de chanter pendant certains jours de fêtes comme Pessah-Pâque. Pour les disciples de Jésus ces psaumes doivent avoir un intérêt plus particulier, car l’Evangile nous montre que Jésus et ses disciples les ont prié après la dernière cène avant d’aller vers le Mont des Oliviers, comme Jésus les a aussi certainement prié pendant la dernière cène, repas pascal. IMG_1650w La session fut pour nous tous un moment de grâce et de joie car une relecture juive de ces psaumes, qui a toujours un côté très existentielle, ne peut que nous rapprocher de la manière dont Jésus les a priés. Aussi le Rabbin Haddad, par sa vision propre mais très humble, par son témoignage de croyant, nous dit que notre humanité tient grâce à ceux qui, chaque jour, mettent de l’amour autour d’eux. IMG_1656w   La dernière soirée fut à nouveau un moment de joie, de communion. Le Rabbin Haddad nous invitait à des chants et des danses, qui transformaient notre salle de conférence en lieu de chant et de danses et nous expérimentions le texte du psaume 132 : « oui il est bon et doux pour des frères de vivre ensemble et d’être unis. » Ce temps de communion joyeuse se termina par un moment de silence, de prière. IMG_1660wIMG_1704w IMG_1699w   Avant de vous présenter un résumé de la session voici deux passages qui nous ont touchés parmi tant d’autres : « Non pas à nous Seigneur mais à ton Nom donne la gloire » Toute la terre est remplie de la gloire de Dieu et témoigne de sa présence. Aussi l’histoire d’Israël témoigne de la gloire de Dieu. La sortie d’Egypte, la sortie de l’étroiture, est une délivrance accordée par Dieu à Israël : « Je suis l’Eternel ton Dieu qui t’a fait sortir». Le juste est celui qui n’oublie pas cela, qui n’attire pas la gloire vers lui-même. : « Non pas à nous Seigneur mais à ton Nom donne la gloire ». La gloire c’est le poids de la présence, de l’amour de Dieu et le poids de Dieu c’est le poids d’un doux silence. Dieu touche le monde mais d’une façon légère. Seulement les yeux de la foi peuvent le discerner. Des personnes, à travers l’histoire ont témoigné de cette présence de Dieu, même dans des camps de la mort. Esaü et Jacob : la fraternité rétablie. Jacob (son nom signifie le talonneur/le trompeur) et Esaü (son nom veut dire « celui qui est accompli »  , c’est l’homme de l’action) étaient des jumeaux. Dans le récit biblique on voit que Jacob en grandissant, va demander à son frère son droit d’aînesse, ce que Esaü va accepter sans problème car cela ne l’intéresse pas trop ; Esaü est l’homme qui est intéressé dans le « ici et maintenant », dans la jouissance : « manger, se marier ». Il est prêt à vendre son droit d’aînesse car des responsabilités spirituelles, penser à l’avenir, à une continuité de message abrahamique, cela ne l’intéresse pas trop. Les personnages bibliques sont des hommes qui deviennent justes quand ils font le choix de la justesse, de la justice : l’homme doit combattre avec soi-même, combattre ses désirs, ses démons, ses côtés obscurs. Jacob apparaît comme quelqu’un de tortueux et le combat qu’il doit mener, -le combat avec l’ange- c’est de combattre toutes ses forces négatives, le combat contre lui-même. Le Jacob d’après le combat de la nuit où « un homme (l’ange) a poussiéré (roulé dans la poussière) avec lui jusqu’au lever de la noirceur » ce n’est plus le Jacob d’avant, c’est un Jacob beaucoup plus humble, qui, après vingt ans de séparation, peut dire à Esaü : ce qui est à moi est à toi et ils pleurent l’un contre l’autre. Une fraternité est réalisée, c’est comme si Jacob n’attendait pas qu’Esaü change pour l’accepter. Mais lui-même « se change » pour que la fraternité soit possible. Ce qui est le plus sûr c’est que nous pouvons travailler sur nous-mêmes pour nous changer. Cette transformation est un combat (qui n’est pas gagné d’avance) : c’est s’ouvrir à Dieu pour recevoir cette force de pouvoir réussir l’épreuve et l’épreuve, c’est ce qui fait grandir.     Halelou-Yah ! Louez le Seigneur ! Les psaumes du Hallel Bref résumé de la session Qui doit louer le Seigneur ? « Ses serviteurs ! » nous répond le psalmiste. A savoir, les croyants et les pratiquants. Ainsi que les Nations qui bénissent le Nom du Seigneur. Car bénir Dieu, c’est reconnaître que Dieu est source de bénédictions. Et parce que la foi est une manière d’agir, dans son quotidien, de sa relation à Dieu, les serviteurs de Dieu ne peuvent être que des hommes affranchis d’autres hommes, et non point des esclaves d’idoles ou d’un roi qui ne serait pas Dieu. Avec les idoles, l’homme se méprise en oubliant la présence de Dieu. L’idolâtrie est une amnésie de l’origine. Et la question des idolâtres appelle la question de la manière dont on sert Dieu : de façon intéressée ou de façon désintéressée ? Chacun a son chemin à faire. Et sur la route il y a des dangers : adorer l’idole plonge l’homme dans l’idéologie qui est mortifère. Tandis que reconnaître Dieu crée la fratrie et pose la question du vivre ensemble et de la paix. Mais Dieu, où se trouve-t-il ? « Dans les hauteurs », nous répond le psalmiste. Précisément, Dieu est au-dessus des Nations, de l’Histoire. En effet, Dieu est « sur » les cieux, au-dessus de sa Création, donc non identifiable aux idoles. D’ailleurs, il n’y a pas de mots pour parler de Dieu, au contraire des idoles qui sont des éléments du monde. On peut simplement établir un lien entre Dieu et le monde. Car le Dieu transcendant peut venir au milieu des hommes. Dieu est séparé de sa Création dans son essence mais il descend dans son existence. Il se fait humble. Cette proclamation de Dieu différent mais non indifférent au monde qu’il a créé rend possible l’Alliance. Donc Dieu, au regard miséricordieux, descend « dans » la terre pour faire relever le pauvre, celui qui est en manque. La véritable charité c’est de combler le manque. Or la bénédiction de Dieu est une bénédiction de rassasiement. Nous sommes des êtres de manque et nous recevons selon nos besoins, selon la grâce divine. Et nous sommes responsables devant Dieu de cette grâce. Il nous appartient alors de nous engager, nous aussi, auprès des plus démunis. Dieu fait monter l’indigent au même niveau que le juste. Car la dignité de l’homme est d’être redressé, mis debout sur la terre. Nous sommes « des marchants ». Cependant, marcher à la suite de Dieu n’est pas commode. En effet, le chemin de Dieu n’est pas facile mais c’est un chemin de vie. Selon les sages rabbiniques, Dieu possède la clef de la vie, qui englobe celle de la résurrection. En hébreu, « Dieu fait vivre les mortels » se dit identiquement « Dieu fait revivre les morts ». La vie est donc toujours une résurrection. Et si le Psaume 113 se termine par le miracle de la vie, c’est parce que Dieu nous libère. Cette libération trouve sa source dans le miracle de l’Exode qui constitue le commencement de la liberté au service de Dieu. Ce monde nous échappe car il est celui de Dieu c’est-à-dire un monde de la différence. Dieu ne relève pas de l’idolâtrie. La libération bouscule la Création dans la joie car les éléments naturels sont soumis à la volonté de Dieu, leur Créateur. La Parole de Dieu donne vie. La Sortie d’Egypte est le jour de naissance d’Israël, dont la vocation est d’être le sanctuaire de Dieu. Au milieu du peuple marche la Présence. La centralité de notre être, c’est Dieu. Et il réalise pour chacun de nous la Sortie d’Egypte. De sorte que les Nations ne peuvent pas poser la question : « Où donc est leur Dieu ? », tant qu’Israël n’a pas disparu ; car notre Dieu est « au Ciel. » Toute la Création en est le témoignage, rien n’en est la représentation. C’est pourquoi, ceux qui fabriquent des idoles et qui les servent deviennent comme elles, c’est-à-dire qu’ils perdent le sens du divin. Le danger de l’idole est dans sa forme et son symbole. L’idole est impuissante, seul Dieu est Vivant. Il faut se détourner des idoles et se confier en Dieu seul. Cette invocation vaut aussi pour les Lévites et les craignants-Dieu. Les vivants seuls peuvent chanter les louanges de Dieu. Et seule la gloire de Dieu doit être recherchée. Le service de Dieu est ce qu’il y a de plus précieux dans la vie de l’homme : par l’étude de l’Ecriture par laquelle Dieu s’est révélé à l’homme ; par la prière par laquelle l’homme se révèle à Dieu ; et par la pratique de la charité où l’homme se révèle à l’homme. Chacun est porteur de l’interprétation des textes, du sens qui nous aide à vivre, à prier explique notre rabbin Philippe Haddad. Son partage, son enseignement, si dense et passionnant, s’est hélas arrêté trop tôt, faute de temps. Il reste à chacun, de poursuivre ses recherches, sa quête spirituelle sans oublier de « Chanter la louange au Seigneur ! Louer son Nom par la danse ! Jouer pour lui du tambourin et de la cithare… » Halelou-Yah !

COLLOQUE – DIM 2014 :

 

Conférences du Rabbin Philippe Haddad

Les psaumes des trois fêtes de pèlerinage :

Pessah (Pâques), Chavouot (Pentecôte) et Soukot (la fête des cabanes)

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Ces trois fêtes rappellent les trois moments de l’intervention de Dieu. Elles célèbrent trois attributs de Dieu, dans l’ordre : la libération, la révélation et la providence ; trois attributs qui s’ajoutent à celui de la création, en vue de la rédemption et de la rétribution. Le judaïsme connaît beaucoup d’autres fêtes, mais ce ne sont pas des pèlerinages. Par exemple le shabbat n’est pas un pèlerinage, mais une fête ou encore un « rendez-vous » (‘moèd’ en hébreu), une rencontre, comme du temps de la tente de la Rencontre. Ces pèlerinages eurent lieu jusqu’à la destruction du Temple de Jérusalem en 70 : on venait se présenter devant le Seigneur. Bien sûr, il est partout, mais il y a des lieux, des temps et même des êtres qui font davantage ressentir la présence de Dieu.

A ce propos une petite histoire hassidique : « Mon maître est très grand, dit un élève, il répond à toute les questions qu’on lui pose ! » Un autre de réagir : « Mon maître est encore plus grand, dès qu’on s’approche de lui, on n’a plus de question ! »

Se retrouver à Jérusalem, c’était rencontrer les hommes de Dieu, c’était aussi, en venant de partout, reconstruire l’unité du peuple, redevenir le peuple de la première génération. Lorsque le Temple fut détruit, il fallut créer une nouvelle religion, ne pas désespérer. Les sacrifices furent remplacés par la prière, par la louange (‘Tehillim’). On prie le psautier, le seul livre de la Bible qui utilise le mot ‘Alleluia’, « louez Dieu ». Le psautier est divisé en cinq parties, comme l’est le Pentateuque. On met ainsi en parallèle les deux grandes figures de la Bible : -Moïse (au Pentateuque) : l’homme qui fait descende la parole de Dieu (la Loi) et fait ainsi le lien entre le ciel et la terre. -David (auteur attribué aux psaumes ou à une grande partie) : l’homme qui fait monter la parole de l’homme vers Dieu et fait ainsi le lien entre la terre et le ciel. Le psautier est un livre où l’on peut cueillir toutes sortes de prières selon les circonstances. IMG_0236w

Premier psaume : le psaume 107, psaume de la fête Pessah (Pâques)

Ce psaumes s’adresse aux ‘guéoulé Adonai’, les libérés du Seigneur. Dieu est le ‘goêl’, le libérateur de ceux qui sont dans l’oppression, la sortie d’Egypte en est le paradigme. Ces libérés sont rassemblés de toute la terre et invités à louer le Seigneur. Quatre situations de péril sont évoquées, la traversée du désert, la prison, la maladie, la traversée de la mer. Chacune est terminée par un refrain en deux parties, l’appel à Dieu durant le malheur et la reconnaissance à Dieu une fois qu’est venue son aide. Remarquons simplement pour ce psaume : -ce sont les merveilles pour les fils de l’homme ‘benei adam’, c’est-à-dire pour les hommes, qui sont célébrées ici, non pas seulement pour les Israélites, mais pour tous les hommes. -le miracle de Dieu, c’est traverser sereinement l’épreuve. -les prisonniers du verset 10 le sont parce qu’ils ont été rebelles aux paroles de Dieu. Et c’est la parole de Dieu qui va les guérir ! (verset 20) -à partir du verset 23, le psaume présente en hébreu un signe mystérieux, un ‘nun’ (la lettre n) inversé. On a bien sûr cherché à le comprendre, et on l’a expliqué ainsi : parfois l’homme appelle Dieu, et Dieu ne répond pas. Ne te rebelle pas contre Dieu, si tu es dans ce cas ! Comprends que c’est son décret, que c’est peut-être ton temps. Accepte la volonté de Dieu. La foi doit rester entière, elle ne doit pas dépendre de ce que Dieu donne. Dans ce psaume de délivrance on trouve dix verbes de délivrance ou libération. Chacun des cas en mentionne deux. La fin du psaume décrit l’action de Dieu dans la nature. Il est le maître de la nature puisqu’il en est le Créateur. De même il s’occupe aussi de la justice des hommes : il rend pauvres les riches, il élève les humbles… c’est Dieu qui change l’état du monde. Le Rabbin Philippe Haddad remarque le lien avec les béatitudes qui font aussi état des changements de situations de l’homme. Jésus était en effet imprégné des psaumes.

Deuxième psaume : le psaume 68, psaume de la fête Chavouot (Pentecôte)

Ce psaume est un psaume difficile à traduire. En voici le plan : -versets 2 à 7: un appel pour le déplacement de l’arche -versets 8 à 24: une référence au dévoilement de la présence divine au cours du combat -versets 25 à 37: déroulement d’une fête dans le Temple à Jérusalem Voici quelques pointes du commentaire : -Verset 19 : « tu es monté capturant ce captif », le captif, c’est la Torah ! a ce propos Philippe Haddad explique la supériorité des hommes sur les anges : les anges ne connaissent la torah qu’en tant qu’idée, ils ne savent pas ce qu’est l’incarnation de cette lumière mais ils comprennent qu’il y a un au-delà de ce qu’ils connaissent. Pour les anges, le sens mystique, c’est l’incarnation. -citant la phrase de Jésus « il a été dit tu haïras ton ennemi… », Philippe Haddad remarque que l’on ne trouve pas ceci dans la torah, mais par contre on y trouve beaucoup de haine, c’est certain. Jésus était imprégné de la torah, il a bu à la torah d’Israël qui nous dit « tu aimeras ton prochain comme toi-même », et il en donne sa lecture, il va plus loin. Si tu aimes celui qui t’aime, c’est un jeu de miroir ! Aimer celui qui est différent de toi, c’est révolutionnaire ! On pleure quand on a vaincu ses ennemis (comme les anges qui n’ont pas le droit de chanter la victoire de la mer rouge, eux qui sont dans le monde de l’absolu et ne peuvent donc pas se réjouir de la mort des vaincus). Nos ennemis, ce sont nos ennemis intérieurs, il n’il y en a pas d’autre. – Philippe Haddad cite aussi le passage où saint Paul cite notre psaume. En Ep 4,1-13 Paul fait une lecture midrashique du verset 19 du psaume. Paul est imprégné de midrash ! il est monté. Qui ? le Christ. S’il est monté, c’est qu’il est parti d’en bas, des régions inférieures. Il a donné des dons. Ce don, c’est quoi ? l’inspiration de Dieu pour chacun. -la pluie généreuse qui tombe sur tous, c’est l’amour de Dieu. On ne voit Dieu que de dos. Le dos de Dieu, dit Lévinas, c’est la trace de Dieu, la bonté, la générosité, l’amour, la miséricorde. Dieu est partout, mais si tu tires les rideaux, la lumière ne passe plus !

Troisième psaume : psaume 42-43, psaume de la fête Soukot (la fête des cabanes)

Pour des raisons évidentes, on pense que ces deux psaumes n’en formaient qu’un.  C’est la prière d’une personne qui avait l’habitude de monter à Jérusalem. C’est probablement un exilé et il ne peut plus faire le pèlerinage. Cette joie lui manque. Il pleure de ne pouvoir vivre cette expérience de bonheur. Sa douleur est alimentée par sa nostalgie. Il a un désir ardent de se trouver face à Dieu (on va en pèlerinage pour être vu de Dieu). Dès lors on peut se poser la question : ne pourrait-il pas vivre cette expérience là où il se trouve ? La Bible dit : c’est au cœur du Temple que l’expérience la plus forte peut être vécue, une expérience personnelle et aussi collective. La prière est une expérience personnelle qu’on vit ensemble. L’individu alimente le collectif et le collectif alimente l’individu. Le bonheur, c’est la proximité de Dieu, mais le rassemblement rajoute au bonheur. Le psaume présente une progression en trois parties : -douleur du psalmiste, pas de consolation. A la place de boire, il mange ses larmes. – c’est toujours la désolation, mais ils se tourne vers Dieu : « Pourquoi m’oublies-tu ? ». Comme Job il interroge Dieu, comme Jésus aussi « Pourquoi m’as-tu abandonné ? » -il parle à Dieu, sa foi est affermie malgré la présence des ennemis, « la lumière et la vérité (de Dieu) me conduiront ». Il sait maintenant par la foi va l’amener sur sa montagne. Il est libéré en lui-même. La vie d’un homme est progression. Jésus dit bien « Je suis le chemin ». Rien n’est jamais assuré. Le Rabbin Philippe Haddad nous rappelle l’histoire de Joseph si éloquente (voir Gn 37-45). Joseph, qui avait été vendu par ses frères,  ne découvrira la fraternité qu’après avoir été très durement éprouvé. L’épreuve de la prison aura été pour lui un moment de réflexion. Nous sommes des êtres en évolution. Les épreuves nous permettent de réfléchir, elles nous transforment. Nous apprenons ainsi que nous sommes ceux par qui le dessein de Dieu se réalise. Ce psaume est pour nous une expérience spirituelle qui nous est donnée. Un homme qui connaît une souffrance qui l’appauvrit. Il se sent perdu. Il se tourne vers Dieu. Il y a cette espérance. Quoiqu’il arrive il a trouvé son salut qui alimente son être tout entier. Huit jours après Soukot est célébrée la Fête de Clôture de Soukot (aussi clôture du cycle des trois fêtes de pèlerinage) : un jour qui se nomme ‘Simhat Torah’ ou Joie de la Torah. Y est attachée ce   Quatrième psaume, le psaume 12 Philippe Haddad nous a proposé de l’étudier comme le font les juifs dans les ‘Yeshiva’, lieux d’étude de la Torah : deux par deux nous allons partager et discuter ce que nous dit ce psaume, puis nous en faisons une mise en commun. La méthode est radicalement nouvelle pour nous autres moines ou moniales puisque nous avons l’habitude de faire notre ‘lectio’ seuls et en silence. Il nous propose de 1) confronter différentes traductions, 2) d’essayer de dégager le plan, les thèmes et comment ils sont abordés, 3) de retenir une ou deux idées que le psaume nous a inspirées. Sans vouloir retranscrire tout ce qui a été vu, notons que tous ont pu voir que le psaume oppose la parole méchante, menteuse, médisante, orgueilleuse de l’homme … à la Parole de Dieu qui est digne de confiance. La parole a une puissance certaine, dans un sens ou dans l’autre. Beaucoup de binômes se sont interrogés sur le sens du dernier verset. Le psal