Ste Hildegarde

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Retraite Sainte Hildegarde 2017

Du samedi 19 août (11h) au dimanche 20 août 2017 (17h)

« O homme accueille Dieu dans ton cœur,

Tu es sa perle précieuse

pour laquelle il a envoyé son Fils ».

(Sainte Hildegarde)

Elaie Bollen, abesse de l’Abbaye de sainte Lioba

Programme de la retraite

Arrivée le matin avant 11h.30 (ou selon votre choix avant 15.00)

11.45 La vie de Sainte Hildegarde

12.45 Prière avec la communauté, suivi du repas

15.30 Première Conférence

17.00 Deuxième Conférence

18.15 Prière avec la communauté, suivi du repas

Dimanche

8.30 Prière avec la communauté

9.15 Troisième Conférence

11.15 Eucharistie, suivi du repas

14.45 Quatrième Conférence

15.30 Prière avec la communauté

15.45 Conclusion de la session

16.00 Pour ceux qui le désirent au choix :

Atelier : Faire des gâteaux de la joie selon Sainte Hildegarde !

Atelier : Ecrire un texte de Sainte Hildegarde sur un signet !

17.00 Fin de la session

Proposition de participation aux frais de la session :

Arrivée avant 11.30 : 80 euro

Arrivée dans l’après-midi : 65 euro

 

Sainte Hildegarde mai 2016

Dans notre session qui a lieu dans l’année de la miséricorde et qui a comme thème « École de bonheur » comment pourrions- nous ne pas parler de la miséricorde qui est pour Sainte Hildegarde un baume qui guérit toute peine et qui donne à notre être une vraie humanité?

« Moi, la miséricorde,

je suis le médicament le plus affectueux.

Mon cœur déborde pour donner de l’aide à chacun.

 

J’étais déjà là quand retentissait à travers l’univers :

« Qu’il y ait… », d’où provient toute la création qui est maintenant à la disposition de l’homme.

 

Avec des yeux plein d’amour,

je prends soins de ceux qui sont dans la peine

et je me sens unie à tous.

Je suis un baume qui guérit chaque détresse »

Livre des mérites de la vie 1,17)

Dans son livre des « œuvres divines » Sainte Hildegarde représente l’amour miséricordieux comme une femme qui est assise au milieu de l’axe du monde ; quand elle bouge, tout le cosmos bouge. C’est ainsi que Sainte Hildegarde met en lumière l’importance de l’amour miséricordieux ; C’est elle qui assure l’équilibre dans notre monde, dans notre vie humaine. C’est elle qui doit habiter notre cœur pour que nous puissions vivre, comme elle dit, avec des yeux plein d’amour envers Dieu, envers toute la création, pour que nous puissions vivre une relation juste face aux autres, face au monde.

Ce n’est pas étonnant que Sainte Hildegarde, qui fut une moniale bénédictine, donne à l’amour miséricordieux une place si importante, car quand une communauté bénédictine accueille une novice, l’abbesse lui pose cette question : que demandes-tu ? Et la novice, à genoux, répond : la miséricorde de Dieu et celle de mes sœurs et frères.  Voilà ce que Sainte Hildegarde a demandé et expérimenté dès son jeune âge : non pas pouvoir faire ceci ou cela mais, demander la miséricorde de Dieu et celle des sœurs et frères. Cette demande est encore aujourd’hui la petite porte par laquelle j’entre dans la vie monastique pour « accueillir de Dieu et de l’autre » une miséricorde qui est revêtue de patience et de pardon, car vivre une vie d’amour, comme Jésus l’a vécue, murir dans l’amour, dans la miséricorde du Seigneur, demande du temps et ne va pas toujours sans moments d’égarements….

Je dois vous avouer qu’au moment où je prononçais moi-même cette demande je ne comprenais pas encore toute la portée de ces paroles… Ce n’est que plus tard avec les années qui passaient, que cette ‘demande de miséricorde’ est devenue une réalité dans ma vie… Car c’est à travers le temps –et souvent par les réactions des autres- que Dieu permet que tu te rends compte des choses moins lumineuses en toi, des traits de caractère, des habitudes qui parfois ne sont pas tout à fait selon le cœur de Dieu et dont tu ne peux pas te défaire si facilement ! Alors peu à peu tu vas apprendre que ta vie repose sur la miséricorde de Dieu, sur sa patience qui chaque fois te pardonne. Tu expérimentes ce que Sainte Hildegarde dit : « que la miséricorde est le médicament le plus affectueux, un baume qui guérit ». Devant le pardon des autres, le cadeau de leur sourire, leur amour, qui te remet debout quand tu as été à côté de la plaque ou quand tu t’es égarée, tu te rends compte du grand don que Dieu t’a fait  en te donnant une communauté où tu rencontres jour après jour ce si bon médicament de la  miséricorde que tu as demandée et où tu es appelée toi-même à témoigner de cette miséricorde… Après ta demande de miséricorde tes sœurs t’avaient lavé les pieds pour que toi aussi tu fasses de même… »

Je crois que si on me demandait ce qu’est pour moi une expérience essentielle dans ma vie, je dirais de me sentir aimé jusque dans mes fragilités, d’être toujours pardonnée.

Et pas seulement dans le contexte de la vie monastique mais aussi dans une vie de couple, dans toutes les relations humaines, la miséricorde est, comme dit Sainte Hildegarde, ce médicament le plus affectueux, un vrai baume qui guérit. C’est la miséricorde, qui crée dans nos relations, cette espace d’amour, de joie, qui permet à l’autre d’être soi-même, de ne pas vivre d’une peur d’être à côté, mais de pouvoir s’épanouir d’une manière responsable, heureuse. Un jour elle sera l’unique nécessaire : lors de notre rencontre face à face avec le Seigneur : sur quoi nous pouvons compter devant lui sinon sur sa miséricorde ? Pour Sainte Hildegarde l’âme qui s’est laissé transformer par la miséricorde, sera accueilli par Dieu et vivra pour toujours dans sa proximité.

En cette année de la miséricorde il est peut-être important que  nous nous posions parfois cette question : « Est-ce que dans ma vie concrète de tous les jours je vis de la miséricorde de Dieu? Est-ce qu’elle est pour moi comme dit Sainte Hildegarde, ce baume qui guérit ou bien est ce que je la trouve seulement belle comme idée ou belle pour l’autre ?

Dans le concret de ma vie, il n’est pas toujours si facile d’être un tout petit qui a besoin de l’Autre (avec un A majuscule) et des autres…qui n’a pas honte devant ses fragilités, son péché …il n’est pas si évident d’avoir cette humilité de David et de dire « j’ai péché » sans autres justifications, explications, et d’admettre dans mon cœur qu’heureusement l’autre était là, pour m’inviter à me prendre en main, à me remettre en route pour à nouveau connaître cette joie, d’être pardonné.

Sainte Hildegarde souligne chaque fois à nouveau  que l’homme, quand il a péché, ne doit pas douter de la miséricorde de Dieu car dit-elle, notre Dieu est un Dieu patient qui aime nous pardonner et sa miséricorde ne diminuera jamais ; c’est très beau…

 

 

 

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Retraite Sainte Hildegarde 2015

« Construire l’homme intérieur »

Avec le Père Dumoulin en collaboration

avec Marie Hélène Jean (médecin)

Vendredi 24 avril (17h) au mardi 28 avril 2015 (14h)

Abbaye Sainte Lioba 13109 Simiane Collongue

Compte rendu de la session donnée par le Père Pierre Dumoulin

du 1 mai au 4 mai 2014

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« L’homme est la clôture des merveilles de Dieu. »

  IMG_0135wDans la joie et le silence, le père Pierre Dumoulin, sans oublier la participation de sœur Marie-Hélène Jean, nous entraîne dans le sillage de sainte Hildegarde de Bingen. Ce prophète du XIIème siècle (et docteur de l’Eglise) tient à ouvrir nos cœurs pour demander et accueillir l’Esprit Saint. Le mot-clé de son enseignement ? La « viridité », à savoir la verdeur, la vigueur de l’Esprit Saint qui agit en toute chose de la Création. Tant qu’il y a de la vie, il y a de l’Esprit-Saint ! Reste à devenir :

« une petite plume portée au souffle de l’Esprit » !

Dans ses principaux ouvrages (« Scivias », « Livre des Mérites de la Vie », « Livre des Œuvres Divines »), sainte Hildegarde nous rappelle ce qu’est l’homme et sa place dans l’univers. Nous sommes créés par amour et pour le bonheur. L’identité de l’homme est la louange, fruit de l’amour. Et il n’y a pas d’amour sans Esprit-Saint. L’amour est relation, échange. A l’exemple de la Trinité. Et il n’y a pas de communion, de relation sans l’Esprit-Saint. Dieu qui est Amour crée l’homme à son image. Nous sommes donc beaux, bons car créés à la ressemblance de Dieu qui est beau, bon. Il faut apprendre à voir ce qu’il y a de beau, de bon en soi, dans les autres aussi. Ne pas s’arrêter au ressenti, aux émotions.

« Le Verbe de Dieu brille dans la forme de l’homme ; l’homme reflète la lumière du Verbe. »

  Mais le péché casse l’harmonie du projet de Dieu pour nous. Sainte Hildegarde nous aide à retrouver cette paix intérieure en nous orientant sur la voie de l’humilité et de l’amour.   La vie est un don de Dieu. Cette vie se traduit par le fait que l’homme est un corps animé. Il n’a pas un corps ou une âme. Il est un corps animé par un souffle, qu’est l’âme. Nous sommes chair et souffle, matière et esprit.

« Le corps est l’atelier de l’âme où l’Esprit vient faire ses gammes. »

Il faut s’émerveiller de ce que nous avons une âme et, qui plus est, une âme immortelle. Ce qui rend digne tout être humain, quels que soient ses handicaps, aussi bien physiques que psychologiques. Le bien-être n’est pas le but de notre vie. C’est la sainteté ! Et la sainteté se forge dans la vie ordinaire. Il faut accepter d’être ce que je suis aujourd’hui. Être ce que je suis et être heureux de cela.

  Parce que notre esprit (ou âme spirituelle) tend vers la vérité et le bien, il possède deux facultés : l’intelligence et la volonté :

  • L’intelligence pour connaître la vérité ;

La volonté faite pour aimer.

« L’âme a deux pouvoirs : avec l’un elle monte vers le haut, où elle sent Dieu, avec l’autre, elle prend possession de tout le corps dans lequel elle existe pour accomplir son œuvre. »

L’homme est au centre de la Création. Il est appelé à s’élever vers Dieu par la « viridité » des vertus.

 

« J’ai modelé l’homme à partir de la terre pour qu’il s’élevât des régions inférieures aux régions supérieures. »

  L’homme est soumis comme créature à toutes les forces naturelles qui sont reliées aux forces spirituelles. Or il y a un déséquilibre de ces forces autour de l’homme aussi bien que dans l’homme. Les épreuves sont utiles. Il faut discerner ce en quoi elles servent dans notre vie. Il y a, dans la plupart des cas, un avant et un après l’épreuve. L’on peut dire qu’elle recentre sur l’essentiel.

« L’homme fidèle examine son mal et recherche le médecin [qui éprouve] si son repentir vient du fond de son cœur ou procède de son instabilité. Lorsqu’il s’en est rendu compte, [le médecin] lui verse le vin de la componction et de la pénitence […] et l’huile de la miséricorde. »

  Donc, face à ces déséquilibres chez l’homme, l’on peut recourir à la patience et la charité qui sont des moyens de sanctifications, comme à la pénitence. Pour sainte Hildegarde, la « médecine » touche aussi bien au physique, au psychisme qu’au spirituel.

« En son esprit, l’homme est la demeure de Dieu. La Pentecôte signifie pour lui la conversion à la vie spirituelle. »

Mais les fragilités de l’homme, -loin d’être un obstacle pour le Seigneur-, attirent vers lui  Son amour miséricordieux.

« Ne crains pas, ne fuis pas, car le Bon Pasteur cherche en toi sa brebis perdue. »

Ici Sainte Hildegarde rejoint Saint Benoît, qui place au sommet de sa liste des bonnes œuvres, que les moines doivent accomplir au sein du monastère :

« Ne jamais désespérer de la miséricorde de Dieu. »

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Le père Pierre Dumoulin, spécialiste de Ste Hildegarde est bien connu des amis de cette Sainte. Il a publié en 2012 « Ste Hildegarde, prophète et docteur de l’Eglise » (Ed. Béatitudes), un ouvrage de référence traduit dans diverses langues. Il enseigne à l’Institut des Sciences et Théologie des Religions (Marseille) et au Séminaire d’Aix-en-Provence.

Les deux monastères bénédictins de Ste Lioba (masculin et féminin) sont situés au pied du massif de l’Etoile dominé par le Pilon du Roy, dans l’arrière-pays de Marseille (Provence –13).

Fidèles à l’esprit de Saint Benoît, des consacrés y vivent dans la prière, le travail et la communion fraternelle. Ils vous invitent pendant quelques jours à participer à leur vie. Ste Hildegarde docteur de l’Eglise, abbesse bénédictine vous servira de guide pour mieux entrer dans la vie spirituelle.

Le monastère vit du travail des moines et moniales, en particulier la confection de vêtements liturgiques tissés à la main et parfois en technique batik.

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Renseignements et inscriptions

 

  • Adresse Mail :             benedictins@lioba.com
  • Adresse postale :        Abbaye Sainte Lioba

530 Chemin des Mérentiers

13109 Simiane Collongue

  • Téléphone en cas de nécessité : 04.42.22.60.60

Accès à l’Abbaye

  • Par la route :

Venant par l’autoroute Nice : après le péage suivre Gardanne puis Simiane.

Venant par l’autoroute Lyon : suivre Marseille puis prendre les sorties Aix-en-Provence puis Gardanne puis Simiane.

Venant d’Aix-en-Provence : autoroute vers Marseille sortie Bouc-bel-Air puis Simiane.

Venant de Marseille : autoroute vers Aix-en-Provence puis sortie Gardanne, puis Simiane.

Traverser Simiane, route St Germain jusqu’à la Chapelle St Germain (2,5km du village).

L’Abbaye est sur votre droite.

 

  • Par le train :

Marseille St Charles puis TER vers Simiane-Collongue

* S’inscrire pour une navette à partir de la gare de Simiane entre 17h et 18h en écrivant à

benedictins@lioba.com

 

6 décembre (12h-17h30) : Journée des Amis du monastère.

 

Le père Pierre Dumoulin donnera à 15h30 une conférence sur l’héritage de Sainte Hildegarde.

 

Compte rendu de la session donnée par le Père Pierre Dumoulin du 30 juin au 3 juillet 2013

(Le P. Pierre Dumoulin est l’auteur de : « Hildegarde de Bingen, Prophète et Docteur pour le troisième millénaire»)

« Je veux faire ce que tu veux que je fasse,

je veux résonner entre tes mains comme le tambourin de ton amour. »

Hildegarde de Bingen,

docteur de l’Eglise depuis le 7 octobre 2012,

nous a été présentée par le Père Pierre Dumoulin

du 30 juin au 3 juillet 2013

« Ornée des splendeurs de l’Esprit Saint,

elle a révélé les voies du Seigneur. »

Grande sainte (qui n’a pourtant jamais été canonisée), elle est encore très peu connue de nos jours, alors que sa spiritualité a des résonances très contemporaines, et qu’en son temps, au XIIème  siècle (c’est une contemporaine de saint Bernard), elle avait un immense rayonnement dans toute l’Europe. Ses visions, en lesquelles elle accueille de l’intérieur une parole de Dieu, fait d’elle une prophétesse, qui s’exprime par des écrits, par des compositions musicales, des recueils de pharmacopée, un génie architectural, la diététique, le théâtre… Les aspects principaux de sa spiritualité, l’anthropologie et le rapport à l’écologie, trouvent à nouveau un écho dans l’homme d’aujourd’hui.   L’homme doit retrouver sa place dans le plan de Dieu, se retrouver « centre et sommet de l’univers », ce n’est que là qu’il retrouvera le bonheur pour lequel Dieu l’a créé. C’est là qu’il se trouvera bien. L’Esprit Saint « qui est Seigneur et qui donne la vie » (notre Credo) doit à nouveau circuler librement en nous, c’est lui qui anime toutes choses.

« Le corps est l’atelier de l’âme où l’esprit vient faire ses gammes. »

Chez Hildegarde, tout est pris dans sa totalité. L’homme corps-âme-esprit est ‘un’, tout en étant ‘trois’. Nous sommes invités à vivre à nouveau avec cette vision globale, pour la gloire de Dieu. C’est comme ça qu’il nous a créés. L’homme ne sait pas pourquoi il vit. Il vit, et c’est merveille. Il lui faut trouver son harmonie, pour lui, pour les autres, pour Dieu. Mon être chrétien doit s’exprimer dans toute ma vie. Je serai alors cadeau pour Dieu et pour les autres.

« Esprit Saint, tu es un baume très précieux

qui transfigure nos blessures béantes et souillées en pierres précieuses »

(d’une prière de sainte Hildegarde)

Le Père Dumoulin nous a présenté deux écrits d’Hildegarde, les plus connus, le Scivias et le Livre des Œuvres Divines, et le thème de l’anthropologie, en commençant par nous faire voir les images vues par Hildegarde dans ses visions et reproduites fidèlement. Les textes qu’elle a écrits sont inséparables de ces images et les commentent. DSCN3216 Par exemple, cette image, au début du Livre des Œuvres Divines, sur laquelle est représentée la Trinité, qu’Hildegarde contemple à travers sa petite fenêtre, son accès à elle au monde divin. On voit la Trinité, telle qu’elle est dès avant le commencement de la Création. On peut y reconnaître, dans un alignement vertical, en haut le Père, puis l’Esprit, et enfin le Fils. Le Père et l’Esprit ont même visage (si ce n’est que le second est de feu) et ils tiennent dans leurs bras unis l’Agneau immolé.   DSCN3218On peut voir dans le Scivias cette représentation du Christ qui vient récupérer par en dessous  le vieil Adam tombé (par en dessous ! Il s’est mis plus bas que l’homme le plus avili par le péché), l’homme reçoit la fleur de l’obéissance, qu’il peut à nouveau respirer à loisir. La chute, c’est perdre le parfum de l’obéissance

Le Scivias

« Connais les voies du Seigneur »

Ce Livre est un catéchisme en images, écrit en trois parties : -Le Créateur et la création, ce sont les bases du monde, les racines. -Le Rédempteur et la rédemption, l’histoire du salut : le tronc, c’est le Christ. -L’Eglise, la construction de la Jérusalem céleste, qui se fait de jour en jour, par la vie que nous vivons.   Hildegarde part de l’évidence. Il y a Dieu et les êtres créés. De ce Dieu jaillit un fleuve de vie. Rien n’échappe à Dieu. Tout est à nu devant lui. Rien ne se cache à son regard. Autre évidence, la chute originelle. Tout s’équilibre en Dieu. Nous, nous distinguons justice et miséricorde, purification et consolation … En Dieu ce qui nous paraît contraire forme une unité. Le feu de Dieu est le même partout, mais il est différemment perçu selon l’état dans lequel nous nous trouvons. La description du monde d’Hildegarde prend tous les éléments en compte,  l’eau, le feu, le vent, les étoiles, les couches de l’atmosphère… Pour les vents, par exemple, on en trouve à tous les niveaux. Signe que tout est toujours dynamique avec Dieu. On n’est jamais tranquille ! Dieu nous oblige à être toujours neuf. Dieu a infusé ses dons dans l’âme de l’homme, son don le plus précieux, sa vie en nous, qui nous anime au plus profond de notre être. Mais de tous nos ancêtres aussi nous avons reçu des dons, des ‘cadeaux’ qui nous sont quelquefois lourds à porter. Nous sommes soumis à des combats. Je suis sans cesse en proie aux tentations. Il faut savoir que c’est grâce à ces tentations que mon âme va se développer. La grande arme contre les tentations, c’est la prière, par laquelle nous nous unissons au Père, nous redevenons enfants de Dieu, nous recevons l’Esprit Saint, que Dieu donne à tous ceux qui le prient (cf. Lc 11,13) La rédemption : le Christ, par sa kénose, vient au plus profond relever l’homme tombé, et lui donne de sentir à nouveau le parfum de l’obéissance. Hildegarde passe en revue les différents sacrements de l’Eglise. L’Eglise elle-même se construit. Le but, c’est d’édifier en nous et entre nous la Demeure de Dieu parmi les hommes. Nous devenons sur terre ce que nous laissons faire en nous et pour cela nous avons sans cesse à résister aux ruses du démon, à voir pour ‘quoi’ et pour ‘qui’ nous  dépensons notre temps. « On dépense une éternité pour n’acheter ce qui n’est que du temps ». L’incarnation du Christ n’est pour nous pas seulement un objet de foi, c’est un chemin. Nous pouvons choisir de ‘vivre’ l’incarnation du Christ.

Le Livre des Œuvres Divines

Ce livre s’intéresse à la question de la place de l’homme dans l’univers. En vue da quoi a-t-on été créés ? Hildegarde de Bingen, grâce à l’accès au monde de Dieu que lui offre ‘sa petite fenêtre’, peut ainsi nous partager ce qu’elle a entendu et vu.

(Dieu dit 🙂  « C’est moi qui ai enflammé toute étincelle de vie ».

Dieu est Feu. Dieu est un feu qui se communique. La Bible ne dit-elle pas : Notre Dieu est un feu dévorant (He 12,29) ? Ainsi notre vie est un don de Dieu, elle est feu, elle est perpétuel mouvement. Comme le dit notre Credo, l’Esprit Saint « est Seigneur et il donne la vie », il est le fabricateur de la vie. De toute éternité, Dieu prévoit la divinisation de l’homme et crée l’homme libre. Celui-ci, étant fini, va pécher, il va manquer le but. Nous avions reçu comme un don ce que Dieu a en lui-même. Ce sera par le Fils, offrande totale, que nous rentrerons dans le mouvement. Dès avant la création du monde, le Fils est l’Agneau immolé, qui s’offre éternellement au Père. Ce qu’il fait par son incarnation et sa mort sur la croix, c’est « pour nous les hommes et pour notre salut » (notre Credo) et ce faisant, il ne fait rien d’autre que d’exprimer ce qu’il est : offrande au Père, offrande d’amour. Il n’est que cela. Il n’est qu’amour.

« Le Fils de Dieu a pris chair

pour arracher l’homme à la perdition,

grâce au service de l’amour »

L’homme est soumis a énormément d’influences qu’il n’identifie pas pour la plupart d’entre elles, mais à l’inverse, il a en lui quelque chose qui rayonne jusqu’aux confins de l’univers. Nous connaissons tous des personnes qui rayonnent quelque chose de leur vie intérieure, de leur relation à Dieu, et qui par là, nous font du bien.

« En ayant Dieu comme seul but,

l’homme rapprochera la création de la lumière ».

J’ai donc quelque chose à faire sur terre. J’ai une responsabilité. « L’homme est à un carrefour », sans cesse il fait des choix, et ceux-ci auront des conséquences sur lui-même, mais aussi sur ses proches et jusqu’aux confins du monde. C’est lorsque l’homme se met en route vers le Père qu’il trouve la joie, non pas en restant assis et à se lamenter sur son péché. C’est en s’accordant à sa vocation que le monde devient ce qu’il est, un monde « beau », dans le Fils. Par l’Esprit Saint habitant en moi, je tiens en mains l’univers. L’homme renferme en lui-même toute la création.

« L’homme est une goutte d’eau traversée par les formes du monde »

Il vit en son être les saisons de l’année, tantôt il est sec et froid, tantôt il produit une abondance de fruits. C’est le Seigneur qui le permet. « L’hiver renferme en lui ce que l’été profère dans la joie. » Tout est toujours en mouvement avec le Seigneur ! Et ‘nos saisons’ se renouvellent sans cesse. Ainsi aussi nos différents âges, enfance, adolescence… Dieu a créé le monde pour que l’homme soit heureux éternellement. Le jugement est une réalité, celui-ci ne se réalise pas au terme de cette vie, mais maintenant, dans ma vie d’aujourd’hui. Je dépends de la façon dont je nourris mon âme.

« Les yeux de l’homme sont les fenêtres de l’âme. »

Si, par mes yeux, ou par mes oreilles, j’accueille tel ou tel spectacle, ou musique, mon âme, et donc mon être tout entier, en subira une influence qui peut être destructrice ou pacificatrice. J’ai toujours cette liberté de choisir. Le bonheur que Dieu vise pour l’homme est une vie communautaire. Le Livre des Œuvres Divines illustre le Concert des Saints, une symphonie où il n’y a plus de ‘couac’, plus de mensonges. La mélodie qu’on y joue est celle de l’amour.

Les saints sont ceux qui se sont laissé transformer.

Nous, sur terre, pour le moment, nous faisons nos gammes… Amour, humilité et paix sont les trois vertus à acquérir pour être inondé des flots de la grâce. La création nous donne la connaissance de Dieu et c’est la foi qui permet de le reconnaître. Hildegarde voyait Dieu en regardant une fleur. Une des dernières illustrations nous montre la Charité qui brandit la Loi et nous la propose : c’est la loi de vie, elle nous est donnée par amour. « Avec harmonie, l’amour donne à toute chose sa juste mesure » L’ensemble du Livre veut nous aider à avoir un autre regard sur Dieu, à avoir un autre regard sur notre présence en Dieu. Nous sommes dans les bras de Dieu, toujours, comme le petit Agneau dans les bras du Père, allusion à la première figuration de la Trinité, où le Fils est depuis avant la création l’Agneau immolé tenu dans les bras conjoints du Père et de l’Esprit.

L’anthropologie selon Hildegarde

« L’homme est la clôture des merveilles de Dieu. »

L’homme selon Hildegarde de Bingen, c’est en fait l’homme selon la bible. Le Christ est venu rendre à l’homme le parfum de l’obéissance. L’homme n’est pleinement libre que lorsqu’il obéit. La liberté, c’est de choisir librement ‘à qui’ j’obéis. L’homme est corps-âme-esprit.

« Le corps est l’atelier de l’âme où l’esprit vient faire ses gammes. »

On est bien dans son corps comme dans son atelier, on aime y travailler. Ce que je suis, je le suis et je le reçois comme un don. Je me reçois avec mes capacités et mes incapacités, c’est dans cette diversité que se trouve toute la beauté. Le corps, c’est l’homme dans sa dimension visible, sensible, limitée. Mon corps me rend dépendant de l’autre. C’est le lieu de la réalisation pratique, de la vérification, de ma transformation, de ma relation à Dieu. L’âme est travaillée par la grâce. Elle a reçu beaucoup de dons, et aussi un héritage qu’elle n’aurait pas choisi. Mais c’est en travaillant avec ce que je suis réellement que je puis développer la présence de Dieu en moi. Les combats qui en résultent sont bons car ils font grandir l’amour en moi.

Tout peut devenir bon dès lors qu’on l’a mis au service de Dieu.

« L’âme est une symphonie et elle symphonise tout. »

L’esprit, c’est la dimension en moi capable de s’ouvrir à l’Esprit de Dieu. J’acquiers alors une autre manière de regarder, qui ne dépend plus de ce que j’ai reçu ou fait, mais de ce que je reçois au présent : Le vent souffle où il veut, et tu entends sa voix, mais tu ne sais ni d’où il vient ni où il va. Ainsi en est–il de quiconque est né de l’Esprit.  (Jn 3,8)

« L’Esprit parle à notre esprit dans le silence »,

Apprenons à écouter l’Esprit, à nous ouvrir à lui, à nous rendre disponibles. C’est ce que fit la première convertie du livre des Actes des Apôtres : Lydie était tout oreilles ; car le Seigneur avait ouvert son cœur pour la rendre attentive aux paroles de Paul.  (Ac 16,14)

« Afin que mon esprit ne se mette pas à se gonfler d’orgueil,

Dieu m’accabla par la souffrance. »

Hildegarde avait une constitution très fragile, elle avait été souvent malade. Le but de la vie spirituelle, ce n’est pas d’être sans défaut, c’est d’être ouvert à l’Esprit. Pour être pleinement à notre place, il faut travailler au-dedans, et au plus profond s’ouvrir à l’Esprit. Mon âme, mes actions, mes gestes en seront transformés.

Dieu me dit:

« J’attends devant le tabernacle de votre cœur »

 « L’amour de Dieu, voilà ma joie »

La prochaine session sur Sainte Hildegarde avec le Père Pierre Dumoulin

aura lieu du mercredi 30 avil 2014 au soir au dimanche 4 mai 2014 midi.

Le thème sera : Découvrir son humanité avec Sainte Hildegarde et la tradition biblique